MICHEL LAFLEUR, Le Droit |
Avec son gabarit
de 6'2" et 320 livres, Hugo Girard a de quoi
intimider. Mais n'ayez crainte: il n'y a
pas plus sympathique que ce policier de Gatineau-Métro.
Il quittera bientôt Ottawa pour une
traversée de l'Atlantique qui le mènera
au Maroc où il participera aux Championnats
du monde des hommes forts.
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«Je regardais les hommes forts à la
télévision et je me disais qu'un jour,
j'aurais la chance de me retrouver à leurs
côtés.»
- Hugo Girard
Hugo Girard aux Championnats du monde des hommes
forts, au Maroc
Un policier au pays des géants sympathiques
MICHEL LAFLEUR, Le Droit |
Hugo Girard dans
une de ses compétitions d'hommes forts
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Rosaire Girard pensait bien que c'était une
blague quand son fils de 26 ans, Hugo, lui a annoncé qu'il
participait aux Championnats du monde des hommes
forts, à Tanger, au Maroc.
MARC-ANDRÉ JONISSE, LE DROIT
«Il a donné un coup de fil à ma
copine, Nadine, a dit son grand garçon de
6 pieds 2 pouces et 320 livres et policier à la
Police de Gatineau-Métro. Il n'en croyait
pas ses oreilles et il était convaincu que
j'étais en train de lui monter un bateau.»
Loin d'une blague. Le sympathique géant
et sa copine quitteront Ottawa, dimanche, pour
une traversée de l'Atlantique qui les mènera
au Maroc, lieu de ralliement d'autres sympathiques
géants de la planète et de ces hommes
forts que le natif de Sept-îles épie à la
télé depuis plusieurs années.
«Je les regardais à la télé et
je me disais qu'un jour, j'aurais la chance de
me retrouver à leurs côtés.
De me prouver que je suis capable de rivaliser
avec les meilleurs du monde. De voir jusqu'où mes
limites peuvent aller.»
Sacré champion québécois
et canadien de dynamophilie, Hugo Girard a appris,
il y a trois semaines, qu'il avait sa place à cette
rencontre, disputée dans la ville portuaire
du détroit de Gibraltar. «Il n'y a
pas de qualifications pour cette épreuve
mondiale. On y accède par invitation seulement.
Ce qui est valorisant. À 26 ans, je suis
encore très jeune pour ce genre de compétition.
Les participants au Maroc auront tous entre 30
et 35 ans.»
Télévision aidant, Hugo Girard
a déjà une bonne idée de la
commande qui l'attend, à Tanger. «Je
sais qu'on va nous demander de tirer un camion
de 70 000 livres et de trimbaler des objets lourds.»
Méchante commande et en plein désert
de surcroît. Et sous un soleil de plomb. »Je
ne m'en fais pas avec ça. Tous les participants
ressentiront la même chaleur. Et c'est pour
cette raison qu'on a décidé de partir
un peu plus tôt. Histoire de se préparer
un peu mieux. Et sachez qu'il n'y a pas de classes
de poids ni de groupes d'âges à ces
championnats. Tout le monde est sur le même
plateu.»
Hugo Girard a repris goût à l'entraînement
sérieux dès que la Police de Gatineau-métro
lui a confirmé son poste, il y a un peu
plus de deux ans.
C'est à partir de cet instant que
les championnats du monde des hommes forts étaient
dans ma mire.»
Inspiré par son père, il
avait participé à des compétitions
en sol québécois, avant de passer
une année à Los Angeles pour ensuite
revenir au Québec, et compléter sa
formation de policier.
«Los Angeles m'a complétement
renversé. J'y étais pour apprendre
l'anglais. J'en ai profité pour découvrir
la ville. J'ai vu la pauvreté de près,
la violence de près dans South-Central L.A.
J'ai vu des femmes et des hommes dans la misère.
Des soupes populaires bondées. Oui, Los
Angeles m'a complétement renversé.»
Le voilà de retour au Québec,
un an plus tard. Avec une leçon de vie.
De vraie vie.
«Ces scènes-là, je
ne les oublierai jamais. Ça, c'est certain.»
Hugo Girard est retourné sur les
bancs d'école, a complété le
cours qui lui a ouvert les portes de son métier.
Celui qu'il voulait pratiquer depuis toujours.
«J'ai songé à un moment
donné à devenir professeur d'éducation
physique. J'aimais m'entraîner. Mais le métier
de policier m'intriguait. Je voulais le découvrir.
Je l'ai fait et j'en raffole. J'aime aider. J'aime
surtout dialoguer, causer.»
Et causer est un art, chez Hugo Girard.
«Être policier est un mode
de vie. Comme mon entraînement pour les compétitions
d'hommes forts. Je suis convaincu que cet entraînement
m'aide dans mon métier. Les gens me reconnaissent
et me posent des tas de questions. Je trouve ça
sympathique. Mes collègues, eux, m'encouragent
et me taquinent à l'occasion. Encore là,
c'est sympatique.»
Chacune des passions d'Hugo Girard comporte
sa part de risques.
«Sauf que ceux reliés au métier
ne sont pas calculés, comme dans la vie
de tous les jours. T'ignores ce qui va se produire
en te levant le matin. Ce qui n'est pas le cas
de mes compétitions d'hommes forts. Il y
a des risques inhérents. Mais tu prends
les moyens pour les contrecarrer. L'entraînement
est rigoureux. sérieux. On s'entraîne
en fonction d'une épreuve qui demande évidemment
beaucoup de force, mais l'équivalent en
technique et en préparation mentale. Tu
ne peux rien laisser au hasard dans ce type de
compétition. Et contrairement aux sports
d'équipe, t'as pas de coéquipiers
pour t'aider si tu commets une bévue. t'es
fini.»
On est mercredi et l'entrevue tire à sa
fin. Dans quatre jours, Hugo Girard s'envolera
pour la mère des compétitions d'hommes
forts.
Le policier est calme. L'athlète,
lui paraît tendu.
La compétition débutera le
8 octobre pour s'échelonner sur une dizaine
de jours.
«Si j'ai à être nerveux,
vaut mieux que ce soit avant. Tu ne peux pas être
stressé au moment d'entamer une épreuve
qui ne dure qu'une cinquantaine de secondes.»
- Des objectifs?
«Très réalistes. J'aimerais
participer aux finales. Si j'échoue, ce
ne sera pas la fin du monde. Je suis encore jeune
pour un championnat du monde. Au fond, j'y vais
pour apprendre.»